Quel parent ne s’est pas désolé de voir son jeune enfant refuser tout aliment nouveau. Rien de plus classique. Mais une patiente et ludique éducation au goût l’ouvrira à la diversité alimentaire et au plaisir de manger équilibré, deux facteurs de santé.


L’alimentation est un des facteurs clés d’une bonne santé. Et si une bonne alimentation est synonyme d’équilibre et de variété, elle rime aussi avec le plaisir de manger, voire de cuisiner. Comme bien d’autres domaines, la façon de se nourrir est de prêter attention à cet aspect de son « hygiène de vie » s’éduque et s’acquiert dès le plus jeune âge. Il est primordial d’éveiller la curiosité alimentaire et le goût des enfants, pour les amener à développer une relation épanouie et équilibrée avec la nourriture. D’autant que, source de plaisir et de socialisation, l’acte de manger recouvre également une dimension affective, émotionnelle certaine, constitutive d’une personnalité.
Mais il n’est pas toujours aisé de faire consommer aux enfants toutes sortes d’aliments. Les parents le savent bien, les enfants passent classiquement par une période de refus de consommer des plats nouveaux lié à la peur de l’inconnu.

Il faut alors déployer astuce, imagination et patience pour les aider à passer ce cap et les inciter, malgré tout, à élargir leur répertoire nutritionnel.


"Cette néophobie alimentaire est un phénomène banal et universel. Tout omnivore manifeste des réticences à introduire à l’intérieur de soi un aliment inconnu. Entre 2 et 10 ans, 77 % des enfants refusent de goûter spontanément les aliments qu’ils ne connaissent pas. Il faut les y inciter fortement.
Mais, à partir de 7 ans en général, ils se montrent plus souples et acceptent de goûter le produit sans préjugé."


L’éveil aux sensations.

C’est par l’apprentissage que ces réticences pourront être surmontées. Puisque l’enfant a besoin de reconnaître un aliment pour accepter le l’ingérer, familiarisons-le avec l’objet du refus ! Avant même de le lui présenter dans l’assiette, on peut favoriser un premier contact et jouer sur la sensorialité.


Cueillette ou, plus facile pour la majorité d’entre nous, un petit tour au marché, invitation à la cuisine pour préparer le produit, commentaires autour des sensations procurées par l’aliment sont autant d’approches positives. Un enfant qui aura participé à la confection d’une ratatouille en ayant touché, humé les légumes et assisté à leur transformation dans la poêle aura bien plus envie de la consommer que d’ingérer une barquette industrielle passée au micro-ondes…
La répétition est également un facteur d’acceptation du produit à terme. A condition de le présenter de la même manière chaque fois car, pour un enfant, du chou-fleur à la vapeur ou en gratin ne représente pas le même aliment !


Par ailleurs, « l’atmosphère de consommation a son importance et pas des moindres. Une tentative répétée doit se dérouler dans un contexte amène, car toute pression exercée renforcera la néophobie pour l’aliment rejeté.
De même que l’instrumentalisation de cet aliment ». L’injonction « Finis ton cabillaud ou tu seras privé de dessert » ne fera jamais apprécier le poisson ! D’un autre côté, laisser libre cours aux préférences de l’enfant sans intervenir ne le fera pas progresser non plus. Entre autoritarisme et permissivité, la bonne solution serait une attitude ferme et chaleureuse à l’heure du repas ainsi résumée : « Voici le menu que j’ai choisi pour nous ! »


Faites comme moi !


La valeur de l’exemple est très efficace également. Un enfant qui, à la cantine, voit ses camarades accepter et apprécier un aliment qu’il rejette, sera amené à progressivement modifier son comportement alimentaire pour adopter celui de ses voisins, et ceci, même en leur absence. « Ce n’est pas simplement pour faire comme les autres, mais parce que l’aliment consommé par un proche devient familier. Cela rassure et apaise la phobie ». Voilà qui montre bien qu’à travers la confrontation au modèle des autres, l’acceptation alimentaire peut-être modifiée par un apprentissage social. Pour un jeune enfant, parents et adultes offrent évidemment le modèle le plus prégrant. A nous de jouer donc, avec souplesse mais détermination !


Les composants du goût

 

Le goût associe plusieurs sensations. La saveur, c’est-à-dire le goût proprement dit que l’on analyse selon au moins quatre critères : sucré, salé, acide, amer. La flaveur, qui est l’ensemble des sensations en bouche, à savoir la saveur, l’odeur et la texture. L’hédonisme, qui fait dire j’aime ou je n’aime pas. Le goût est un ensemble complexe de sensations en réactions aux propriétés physicochimiques des aliments. Il ne se résume pas à la perception des flaveurs, mais fait aussi appel à l’hédonisme. Au-delà de la perception génétiquement déterminée – chacun en naissant porte déjà en soi une sensibilité et des appréciations olfactives et gustatives -, certaines dimensions (familiale, religieuse, culturelle) orientent les préférences et les rejets. Le goût de chacun est ainsi la résultante d’un subtil mélange d’inné et d’acquis.


Source: extrait du journal « mutuelle du Midi »